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	<title>Archives des Spiritualité - Tisserand de lumière</title>
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	<title>Archives des Spiritualité - Tisserand de lumière</title>
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		<title>Ancrage : de l&#8217;enracinement vers l&#8217;élévation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maxime Gayraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 13:39:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cela fait déjà quelques temps que j&#8217;avais prévu d&#8217;écrire un article à ce sujet, le voici donc. Dès les premiers instants où l&#8217;on se lance dans l&#8217;exploration du monde invisible, dans quelque branche que ce soit d&#8217;ailleurs, vont apparaître des termes comme « ancrage » ou « enracinement » ou encore d&#8217;autres termes synonymes. Et on va les entendre [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://tisserand-de-lumiere.fr/2026/07/29/ancrage-enracinement-elevation/">Ancrage : de l&rsquo;enracinement vers l&rsquo;élévation</a> est apparu en premier sur <a href="https://tisserand-de-lumiere.fr">Tisserand de lumière</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Cela fait déjà quelques temps que j&rsquo;avais prévu d&rsquo;écrire un article à ce sujet, le voici donc. Dès les premiers instants où l&rsquo;on se lance dans l&rsquo;exploration du monde invisible, dans quelque branche que ce soit d&rsquo;ailleurs, vont apparaître des termes comme « ancrage » ou « enracinement » ou encore d&rsquo;autres termes synonymes. Et on va les entendre sur tous les tons, toutes les formes et parfois même à toutes les sauces : « travaille ton ancrage, tu n&rsquo;es pas assez enraciné, il faut t&rsquo;ancrer plus, etc… »<br>Et l&rsquo;un des principaux problèmes que j&rsquo;ai rencontrés a été de trouver une explication claire de ce que représentait l&rsquo;ancrage, de ce que ça impliquait dans mon corps et donc une méthode simple pour pouvoir travailler, m&rsquo;entraîner comme on me le demandait. Car oui, encore une fois, j&rsquo;ai rencontré énormément de personnes qui m&rsquo;ont conseillé de « bosser mon ancrage » mais très peu qui ont véritablement su m&rsquo;expliquer comment, ou même simplement ce qu&rsquo;était l&rsquo;ancrage et ce que cela voulait dire… Alors une fois de plus, je vais essayer d&rsquo;exposer ici l&rsquo;état actuel de mes recherches à ce sujet. Non pas pour établir fermement LA définition de l&rsquo;ancrage ou LA méthode pour l&rsquo;améliorer mais plutôt dans le but de lancer le lecteur sur quelques pistes qui ont fonctionné pour moi et qui pourraient peut-être fonctionner pour vous. Ou tout au moins tenter de dissiper un peu ce brouillard persistant autour de ce qu&rsquo;est réellement l&rsquo;ancrage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;ancrage n&rsquo;est pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;il apparaît difficile de prime abord de donner une définition claire de l&rsquo;ancrage, ce que nous pouvons toujours faire c&rsquo;est commencer par déterminer ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas. Et au risque de ne pas me faire trop d&rsquo;amis, je vais vous exposer ce que je pense qu&rsquo;il n&rsquo;est pas.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ce-que-ancrage-n-est-pas-symbolisme-1024x683.jpg" alt="Silhouette face à un carrefour symbolique représentant la recherche de la véritable nature de l’ancrage." class="wp-image-5245" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ce-que-ancrage-n-est-pas-symbolisme-1024x683.jpg 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ce-que-ancrage-n-est-pas-symbolisme-300x200.jpg 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ce-que-ancrage-n-est-pas-symbolisme-768x512.jpg 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ce-que-ancrage-n-est-pas-symbolisme.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">Avant de comprendre l’ancrage, il est parfois nécessaire d’abandonner les idées reçues qui l’entourent.</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;ancrage n&rsquo;est pas une simple visualisation</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ce que l&rsquo;on peut très (trop) souvent entendre, l&rsquo;ancrage n&rsquo;est pas simplement et uniquement le fruit de l&rsquo;imagination. Il ne suffit malheureusement pas de simplement <em>imaginer</em> des racines pour en posséder, au moment précis où on en a besoin. Des racines, s&rsquo;il faut représenter l&rsquo;ancrage par ceci, on se doit d&rsquo;en avoir en permanence si on veut survivre. Ce ne sont pas de simples outils à utiliser ponctuellement. Pourrait-on réellement imaginer un arbre, ou n&rsquo;importe quelle plante, avec un genre de système racinaire rétractable ? Qui ne sortirait qu&rsquo;au moment de se nourrir ou de résister au vent ? Comme une paille que l&rsquo;on planterait dans un verre uniquement lorsqu&rsquo;on a soif ? Non, vous pensez bien que non. Le système racinaire d&rsquo;un arbre représente autant de ramifications que son système visible, de surface. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. En permanence. D&rsquo;ailleurs, ce qui est en haut (dans ce cas précis) n&rsquo;existe que par le développement de ce qui est en bas. Et inversément proportionnel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;ancrage n&rsquo;est pas un « état modifié de conscience »</h3>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai souvent entendu dire qu&rsquo;il me fallait atteindre un <em>état d&rsquo;ancrage</em>, que j&rsquo;avais besoin d&rsquo;être dans certaines conditions pour être ancré. C&rsquo;est en partie vrai. Mais en partie seulement. En effet, se placer dans certaines conditions peut <strong>favoriser l&rsquo;ancrage</strong>, tout comme on le ferait pour se connecter à quelqu&rsquo;un ou quelque chose à distance, comme nous avons déjà pu le voir <a href="https://tisserand-de-lumiere.fr/2026/04/24/connexion-distance-radiesthesie/">précédemment.</a><sup data-fn="8dbda825-945f-47f1-953a-d5ce85603520" class="fn"><a href="#8dbda825-945f-47f1-953a-d5ce85603520" id="8dbda825-945f-47f1-953a-d5ce85603520-link">1</a></sup> Recréer certaines conditions, ritualiser certains moments peuvent effectivement optimiser mon ancrage. Mais optimiser est différent de créer de but en blanc. Si je n&rsquo;ai rien à optimiser, ce n&rsquo;est certainement pas le fait de me mettre dans certaines conditions qui va faire l&rsquo;ancrage. Ca peut m&rsquo;aider à aller dans le sens de l&rsquo;ancrage, oui, mais c&rsquo;est loin d&rsquo;être suffisant. Ou même absolument nécessaire en ce qui nous concerne. C&rsquo;est bien, il nous faut le faire si ça nous aide, mais il ne faut pas croire que ce soit obligatoire. D&rsquo;ailleurs, je répète souvent à qui veut bien l&rsquo;entendre qu&rsquo;on ne se sert d&rsquo;une béquille que lorsqu&rsquo;on a du mal à marcher. La preuve étant que lorsque tout va bien dans notre motricité, on ne pense jamais à emporter une canne lorsqu&rsquo;on sort. Ou alors uniquement par coquetterie. Et la coquetterie, même si on a le droit d&rsquo;aimer le beau dans nos disciplines, est plus un frein qu&rsquo;un tremplin. A mon avis en tout cas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;ancrage n&rsquo;est ni une fin ni un objectif en soi</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Effectivement, être solidement ancré, ou enraciné, ou le terme que vous préférez d&rsquo;ailleurs, n&rsquo;est pas un but en soi. On ne cherche pas uniquement et <em>finalement</em> à être ancré. Non, ce qu&rsquo;on cherche la plupart du temps dans nos disciplines, c&rsquo;est de l&rsquo;élévation. Prendre de l&rsquo;altitude pour avoir un meilleur point de vue. Un peu comme un poisson qui devrait sortir de son bocal pour s&rsquo;apercevoir que l&rsquo;eau qu&rsquo;il contient n&rsquo;est pas si propre que ça, par exemple. Tant qu&rsquo;il est à l&rsquo;intérieur du bocal et qu&rsquo;il évolue dans une normalité (c&rsquo;est-à-dire dans un environnement constant et en quelque sorte <em>habituel</em>) il ne peut pas porter de <strong>jugement objectif</strong> sur la qualité de l&rsquo;eau du bocal. Et ce, aussi perspicace soit-il. Pour ça, il lui est nécessaire de pouvoir observer son propre environnement de l&rsquo;extérieur.<br>Donc non, l&rsquo;ancrage n&rsquo;est pas une science finie, définie. Ce n&rsquo;est pas une science du tout, d&rsquo;ailleurs. Ce n&rsquo;est pas une fin en soi mais plutôt <strong>une étape nécessaire à l&rsquo;évolution de l&rsquo;élévation.</strong> Un outil dont il nous faut apprendre le maniement, l&rsquo;utilisation, comme n&rsquo;importe quel autre outil. Mais comme n&rsquo;importe quel autre outil, le posséder sans s&rsquo;en servir est inutile. Et prend de la place sur l&rsquo;établi pour pas grand chose.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-elevation-poisson-bocal-1024x683.jpg" alt="Poisson quittant un bocal pour s’élever vers un vaste paysage, symbole de l’élévation et du changement de perspective." class="wp-image-5248" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-elevation-poisson-bocal-1024x683.jpg 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-elevation-poisson-bocal-300x200.jpg 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-elevation-poisson-bocal-768x512.jpg 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-elevation-poisson-bocal.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">L’ancrage n’a de sens que s’il permet de prendre de la hauteur et d’élargir son regard sur le monde.</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Comment ça marche…</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et bien pour tout vous dire, je suis à peine plus avancé que vous sur la question. Et quand je dis « vous », il faut plutôt entendre « je suis à peine plus avancé que quelqu&rsquo;un qui ne se serait pas posé autant de questions » alors que vous, si vous vous retrouvez ici, il y a de grandes chances pour que vous vous en posiez au moins tout autant que moi.<br>Donc mettons-nous d&rsquo;accord sur le fait que nous en soyons au même point, à savoir avoir une vague idée de ce que l&rsquo;ancrage n&rsquo;est pas, mais que le plus gros du travail reste encore à faire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;ancrage c&rsquo;est aussi de la mécanique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans de nombreuses disciplines corporelles qui se concentrent plutôt vers ce qu&rsquo;il se passe à l&rsquo;intérieur du corps, l&rsquo;étudiant attentif saura reconnaître des enseignements sur la mécanique de l&rsquo;ancrage. Je pense bien entendu à tous les arts martiaux dits « internes » et leurs dérivés (Taiji Quan, Qi Kung, Wushu, Nei Kung…) mais aussi à certaines formes de Yoga, à la danse classique ou même au golf ! En réalité, n&rsquo;importe quelle discipline qui chercherait un résultat visible <em>à l&rsquo;extérieur du corps</em> mais dont l&rsquo;origine serait <em>à l&rsquo;intérieur du corps</em>. Et ceci, à mes yeux, ressemble fortement au principe fondamental de ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;ancrage. Ce qui est en haut existe grâce à ce qui est en bas. Ce qui est dehors existe grâce à ce qui est dedans. Et même si cela peut paraître simpliste, qu&rsquo;on ne s&rsquo;y trompe pas. Et ce n&rsquo;est pas un hasard si, pour atteindre un niveau sérieux dans n&rsquo;importe quelle discipline que j&rsquo;ai données en exemple, il faille un entraînement rigoureux, quotidien et de plusieurs (nombreuses) années. D&rsquo;ailleurs j&rsquo;ai bien dit <em>disciplines corporelles</em> et pas <em>activités physiques</em>. Pour développer son ancrage, il faut avant tout de la discipline. Dans tous les sens du terme.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-mecanique-interieure-disciplines-1024x683.jpg" alt="Racines et mécanismes invisibles reliant différentes disciplines corporelles, symbole de la mécanique intérieure de l’ancrage." class="wp-image-5257" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-mecanique-interieure-disciplines-1024x683.jpg 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-mecanique-interieure-disciplines-300x200.jpg 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-mecanique-interieure-disciplines-768x512.jpg 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-mecanique-interieure-disciplines.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">Derrière chaque mouvement juste se cache une mécanique intérieure patiemment construite par la discipline et la pratique.</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;ancrage c&rsquo;est partout et tout le temps</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Car oui, le principe de discipliner son corps c&rsquo;est avant tout de le modeler, de le former (encore une fois dans tous les sens du terme). Ou comme disait un de mes anciens maîtres de Taiji : « Quitte à te croire prisonnier de ton corps, autant apprendre à t&rsquo;en servir ». Et c&rsquo;est la discipline qui finit, à force de temps et de pratique, par devenir la routine. On ne doit pas apprendre pour connaître, on doit apprendre pour oublier. L&rsquo;information doit être tellement digérée que le corps n&rsquo;a plus besoin de l&rsquo;esprit pour y accéder. Elle fait partie intégrante de la définition du corps. Une autre fois, c&rsquo;était un coach de hockey sur glace qui, avec ses mots à lui, avait réveillé ce sens de la discipline en moi : « Tu as réussi ? C&rsquo;est bien. Maintenant, tu vas le refaire jusqu&rsquo;à ne plus pouvoir rater ».<br>Et ce n&rsquo;est pas non plus un hasard si on est capable de reconnaître cette discipline corporelle chez quelqu&rsquo;un uniquement à sa façon de se déplacer dans l&rsquo;espace (quand on croise une danseuse de ballet ou un artiste martial par exemple) ou même des fois uniquement à sa présence, à ce qu&rsquo;il ou elle <strong>va rayonner</strong>. A sa façon d&rsquo;<strong>être tout simplement ici et maintenant.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-discipline-pratique-quotidienne-1024x683.jpg" alt="Pratiquant évoluant entre méditation, arts martiaux et activité physique, symbole d’un ancrage cultivé au quotidien." class="wp-image-5251" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-discipline-pratique-quotidienne-1024x683.jpg 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-discipline-pratique-quotidienne-300x200.jpg 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-discipline-pratique-quotidienne-768x512.jpg 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-discipline-pratique-quotidienne.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">L’ancrage se construit par la répétition, la discipline et une présence incarnée dans chaque geste du quotidien.</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;ancrage c&rsquo;est aussi se rendre disponible</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un bon résumé de ce qu&rsquo;est l&rsquo;ancrage serait certainement de dire <strong>c&rsquo;est être ici et maintenant</strong>. Vous l&rsquo;avez déjà probablement entendu avant de le lire ici, d&rsquo;ailleurs. Je l&rsquo;avais aussi déjà entendu. Malheureusement, il m&rsquo;a fallu de longues années de pratique pour pouvoir enfin <em>comprendre</em> ce que voulait dire <em>ici et maintenant</em> et encore quelques unes pour arriver ponctuellement à <em>être ici et maintenant</em>. Et tout aussi malheureusement, ce ne sont pas les personnes qui utilisaient ces termes qui étaient le plus à même de me les expliquer.<br>Ce qui est ressorti de mes expérimentations c&rsquo;est avant tout que l&rsquo;ancrage, si on peut effectivement dire que cela s&rsquo;apparente à <strong>un acte conscient de présence</strong>, est un <strong>moyen efficace de se rendre disponible</strong>. Et je vais tenter d&rsquo;exposer ce que j&rsquo;entends par <em>se rendre disponible</em>.<br>Tout comme il existe une différence entre l&rsquo;intention et la volonté, entre le service et le sacrifice<sup data-fn="d3e2591d-6c9a-414a-a525-4ad031e697b4" class="fn"><a href="#d3e2591d-6c9a-414a-a525-4ad031e697b4" id="d3e2591d-6c9a-414a-a525-4ad031e697b4-link">2</a></sup>, il existe une <strong>différence fondamentale entre le fait d&rsquo;être attentif et celui de se rendre disponible</strong>. Et cette différence est et demeure, dans les trois exemples cités, <strong>le mental. La volonté</strong>. Le <em>vouloir quelque chose</em>.<br>« Vouloir, c&rsquo;est pouvoir », ou « quand on veut, on peut » sont des expressions qui, à mes oreilles, ont perdu énormément de leur sens. Ou plutôt ont <em>dévié</em> énormément de leur sens originel. Aujourd&rsquo;hui, dans l&rsquo;ère de la raison, de la réflexion, de la pondération on a vite fait d&rsquo;oublier d&rsquo;autres expressions qui pourraient éclairer celles-ci. Comme par exemple « le cœur a ses raisons que la raison ne peut comprendre ». Ou en d&rsquo;autres termes <strong>ce que demande le cœur n&rsquo;est pas toujours ce qu&rsquo;aurait choisi la tête</strong>. Et c&rsquo;est précisément là que le bât blesse. Qui est, ou devrait, être le décideur ? Le cœur (les envies, les inspirations…) ou la tête (la raison, le calcul, le pour et le contre…) ? Vous vous doutez bien que la réponse à cette question, en tout cas la mienne, ne va pas être celle qu&rsquo;on nous inculque depuis notre plus tendre enfance. Non. Le chef, celui qui décide, c&rsquo;est le cœur. La tête elle, ne devrait servir qu&rsquo;à <strong>calculer toutes les possibilités de mise en œuvre des choix du cœur</strong>. En tout cas c&rsquo;est ce que je pense. Non, <em>penser</em> n&rsquo;est pas le bon terme ici, c&rsquo;est ce dont je suis persuadé, ce en quoi j&rsquo;ai foi. Et c&rsquo;est sur cette foi que s&rsquo;appuie <strong>la différence entre être dans l&rsquo;attente de quelque chose et se rendre disponible</strong>. Quand j&rsquo;attends quelque chose, comme un train sur un quai de gare, je sais qu&rsquo;il va finir par arriver. S&rsquo;il est en retard par rapport à l&rsquo;horaire annoncé je vais même pouvoir me plaindre et pester contre la SNCF qui n&rsquo;aura pas répondu à <em>mes attentes</em>. Même si de toute façon je n&rsquo;avais aucun pouvoir sur l&rsquo;heure d&rsquo;arrivée du train, le fait qu&rsquo;elle ne corresponde pas à ce qui m&rsquo;a été annoncé me <em>donne le droit</em> d&rsquo;être en colère. Ce qui, lorsqu&rsquo;on prend un peu d&rsquo;altitude, apparaît complètement idiot étant donné que je n&rsquo;ai réellement pas mon mot à dire, ni sur l&rsquo;heure supposée, ni sur le retard potentiel. Mais mon mental en profite pour exprimer son mécontentement d&rsquo;<em>avoir été trompé </em>uniquement <strong>parce que ses plans ne sont plus ce qu&rsquo;ils devaient être</strong>. Et ceci est symptomatique du fait de laisser le mental, le cerveau, la raison, décider. Si on a choisi le train pour des raisons de confort, d&#8217;emploi du temps ou de toute autre chose qui s&rsquo;apparente de près ou de loin à un choix <em>raisonnable</em>, le moindre accroc au plan prend des proportions qui peuvent même devenir inquiétantes. Imaginez qu&rsquo;en plus d&rsquo;être en retard le wagon restaurant n&rsquo;ait plus de sandwich au jambon alors qu&rsquo;on comptait précisément sur ce sandwich… Impensable.<br>D&rsquo;un autre côté, si on se place dans le choix du cœur, c&rsquo;est-à-dire dans <strong>le choix de la destination</strong>, le moyen va immédiatement perdre toute son importance. Essayons d&rsquo;imaginer un instant que j&rsquo;ai eu envie de me rendre à Bouzigues. Et que ce choix demeure un choix du cœur, une envie profonde d&rsquo;aller à Bouzigues et pas un choix mental. Pas un <strong>choix forcé</strong> par une étude spécifique qui dirait que Bouzigues est le meilleur endroit pour passer mon temps libre en fonction de toute une charrette de facteurs tous très réfléchis, jaugés, pesés, jugés… Non, je vais à Bouzigues <strong>parce que j&rsquo;ai envie d&rsquo;y aller, pas parce que je sais pourquoi je veux y aller</strong>. A ce moment-là, le cerveau, le mental, l&rsquo;ordinateur entre en scène. C&rsquo;est à lui de me trouver tous les moyens pour m&rsquo;y rendre, de me donner tous les tarifs en fonction des différentes options de transport bref, toutes les possibilités qui s&rsquo;offrent à moi pour me rendre à Bouzigues. Mais certainement <strong>pas les raisons que je pourrais avoir d&rsquo;y aller, ou de ne pas y aller.</strong> Et je choisis le train. Et ainsi, que le train soit à l&rsquo;heure, en retard, annulé ou même déraillé n&rsquo;a absolument plus aucune importance. Puisque j&rsquo;ai remis mon cerveau à sa place d&rsquo;ouvrier (place à laquelle il excelle ceci étant), quoiqu&rsquo;il advienne il sera prêt à me proposer une solution alternative si toutefois je devais vivre un épisode non planifié durant le voyage.<br>Et c&rsquo;est exactement ce principe de fonctionnement que j&rsquo;appelle <strong>se rendre disponible</strong>. Se rendre disponible aux aléas de la vie, sans chercher à tout garder sous le contrôle du mental et de la planification. Remettre le mental à sa place de <strong>centre de calcul et pas de centre de commande</strong>. Le garder sous le coude, <em>disponible</em> pour ce qui pourrait se présenter à nous. Et certainement pas essayer d&rsquo;anticiper ce qui pourrait se passer, devrait se passer ou qu&rsquo;on voudrait qu&rsquo;il se passe. Le <em>fonctionnement attentif</em>. Celui qui ne peut nous amener uniquement à la frustration, à la déception et aux mauvaises surprises.<br>J&rsquo;ai très souvent entendu dire qu&rsquo;il fallait <strong>éteindre son cerveau</strong> pour être capable de s&rsquo;ancrer. Aujourd&rsquo;hui, je pense qu&rsquo;il vaut mieux le remettre à sa juste place. Ne surtout pas l&rsquo;éteindre complètement (chose que je n&rsquo;arrive même pas à imaginer) mais plutôt le rendre <strong>disponible à nos désirs et envies et non pas lui laisser « l&rsquo;initiative » de nos désirs et envies.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-se-rendre-disponible-1024x683.jpg" alt="Voyageur contemplant un horizon ouvert tandis qu’un train s’éloigne, symbole du lâcher-prise et de la disponibilité à la vie." class="wp-image-5255" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-se-rendre-disponible-1024x683.jpg 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-se-rendre-disponible-300x200.jpg 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-se-rendre-disponible-768x512.jpg 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/07/ancrage-se-rendre-disponible.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">Être ancré, ce n’est pas tout contrôler, mais rester pleinement présent et ouvert aux possibilités que la vie offre.</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Pour conclure</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et bien nous nous apercevons que l&rsquo;ancrage ou le fait d&rsquo;être <em>ancré</em> ressemble plus à un style de vie, à une façon de voir, d&rsquo;appréhender ou d&rsquo;arpenter la vie qu&rsquo;à une simple mécanique ou visualisation. Même s&rsquo;il apparaît comme un outil, j&rsquo;ai de plus en plus l&rsquo;impression que ce n&rsquo;est pas un outil comme les autres. Je ne suis pas certain qu&rsquo;on puisse ne pas être ancré du tout à certains moments de la journée par exemple, et faire preuve d&rsquo;un ancrage irréprochable à d&rsquo;autres. Certes, il peut y avoir des variations dans les <strong>niveaux de son propre ancrage</strong> au fil du temps, mais ce n&rsquo;est pas non plus une perceuse électrique qu&rsquo;on branche pour s&rsquo;en servir et qu&rsquo;on range quand on n&rsquo;en a pas besoin. Non l&rsquo;ancrage, on en a besoin en permanence. On pourra toujours le travailler pour l&rsquo;améliorer, ce qui ne peut être que bénéfique pour tout un chacun, à mon avis. Plus de présence, moins de contrôle (et donc d&rsquo;énergie brûlée à appréhender des choses dont la grande majorité n&rsquo;aura jamais lieu), plus d&rsquo;acceptation et donc plus d&rsquo;adaptation. Plus de fluidité, donc plus de simplicité, <strong><a href="https://tisserand-de-lumiere.fr/2025/11/24/etre-faire-avoir/" data-type="post" data-id="249">donc plus d&rsquo;être</a></strong>.<sup data-fn="3097f443-c715-446b-949c-3de259d7b88e" class="fn"><a href="#3097f443-c715-446b-949c-3de259d7b88e" id="3097f443-c715-446b-949c-3de259d7b88e-link">3</a></sup><br>La manière que chacun choisit pour améliorer son ancrage importe peu. Il n&rsquo;y a pas de recette miracle ou de discipline meilleure. Et surtout <strong>pas de volonté d&rsquo;être meilleur</strong> ou d&rsquo;avoir un meilleur ancrage. Il n&rsquo;y a que des résultats. Le sentiment de se sentir à sa place et légitime en fait aussi partie. Qu&rsquo;on choisisse la méditation, les arts martiaux, le golf, la marche à pied, le vélo, la course… ou même la cuisine dans mon cas, tout ceci n&rsquo;a absolument aucune importance. Si la méditation n&rsquo;est pas pour vous, n&rsquo;en faites pas. La marche à pied fera tout aussi bien l&rsquo;affaire. Allez <strong>dans le sens de votre être</strong>, pas dans celui des autres. Au plus vous serez ancrés, au plus vous vous rendrez disponibles, au plus vous vous élèverez. Et au plus vous serez justes (dans le sens de justesse) dans vos pratiques.<br>Je finirai simplement avec deux citations qui, je pense, résument à elles deux précisément ce que je ressens aujourd&rsquo;hui, quand j&rsquo;écris ces lignes.<br>Alexandre Dumas fils, écrivait dans la Dame aux Camélias :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><br>« N&rsquo;estimez l&rsquo;argent ni plus ni moins qu&rsquo;il ne vaut : c&rsquo;est un bon serviteur et un mauvais maître. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Et j&rsquo;ai bien l&rsquo;impression qu&rsquo;il en va de même pour le cerveau.<br>Tandis que de son côté, Jean Giono nous éclairait, avec ses mots à lui, sur sa manière de <em>méditer</em> et de se <em>rendre disponible</em> :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><br>« Si tu n&rsquo;arrives pas à penser, marche. Si tu penses trop, marche. Si tu penses mal, marche encore. »</p>
</blockquote>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="8dbda825-945f-47f1-953a-d5ce85603520">Voir <a href="https://tisserand-de-lumiere.fr/2026/04/24/connexion-distance-radiesthesie/">Distance et Connexion</a> <a href="#8dbda825-945f-47f1-953a-d5ce85603520-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="d3e2591d-6c9a-414a-a525-4ad031e697b4">Sujets à paraître en tant qu&rsquo;articles à part entière <a href="#d3e2591d-6c9a-414a-a525-4ad031e697b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="3097f443-c715-446b-949c-3de259d7b88e">Voir<a href="https://tisserand-de-lumiere.fr/2025/11/24/etre-faire-avoir/"> Les Trois Verbes</a> <a href="#3097f443-c715-446b-949c-3de259d7b88e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Thérapeute ?</title>
		<link>https://tisserand-de-lumiere.fr/2026/01/28/etymologie-du-mot-therapeute/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime Gayraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 15:41:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
		<category><![CDATA[Thérapeute ?]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je me suis longtemps demandé si ce terme était en accord avec ce que je suis, s&#8217;il était cohérent. Cohérent pour moi. Comme beaucoup de mots, qui tous sont porteurs de sens, son utilisation aujourd&#8217;hui ne me convenait plus. Pire, j&#8217;en suis arrivé à ne plus vouloir être associé à ce terme. Thérapeute de ceci, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Je me suis longtemps demandé si ce terme était en accord avec ce que je suis, s&rsquo;il était cohérent. Cohérent pour moi. Comme beaucoup de mots, qui tous sont porteurs de sens, son utilisation aujourd&rsquo;hui ne me convenait plus. Pire, j&rsquo;en suis arrivé à ne plus vouloir être associé à ce terme. Thérapeute de ceci, thérapeute de cela, thérapie comme-ci, thérapie de ça… au plus je croisais de « nouveaux thérapeutes » ou de « nouvelles thérapies, » au plus je tendais à m&rsquo;en éloigner. De manière assez étrange, cela faisait monter une colère sourde en moi et je pouvais montrer du dédain, voire même de l&rsquo;agressivité envers quiconque s&rsquo;affublait lui-même de ce terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors un jour, un jour de plus grande lucidité que les autres, j&rsquo;ai entrepris d&rsquo;aller chercher l&rsquo;origine de ce déséquilibre, de ce désaccord profondément ancré en moi. Et comme je suis un garçon assez méticuleux, j&rsquo;ai commencé mes recherches en suivant une méthodologie simple. Je suis donc allé chercher un dictionnaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Définitions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Robert nous dit : <strong>personne qui soigne les malades.</strong><br>Et là d&#8217;emblée, ça coince. D&rsquo;une part, je ne me suis jamais découvert la prétention de « soigner » qui que ce soit et d&rsquo;autre part, je ne considère pas non plus les personnes qui viennent me voir comme des malades. Cela partait très mal pour que je me considère thérapeute.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-enquete-1024x538.jpg" alt="étymologie du mot thérapeute" class="wp-image-1496" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-enquete-1024x538.jpg 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-enquete-300x158.jpg 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-enquete-768x403.jpg 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-enquete.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 600px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Larousse nous dit : <strong>1. Médecin qui étudie spécialement la thérapeutique.</strong> <strong>2. <em>Littéraire</em>. Médecin en général.</strong> <strong>3. <em>Familier</em>. Psychothérapeute.</strong><br>Nouvel échec, je ne suis ni médecin, ni psychothérapeute et je n&rsquo;ai aucune intention de chercher à approfondir dans ce sens. Je commençais à entrevoir pourquoi d&rsquo;un côté j&rsquo;étais en désaccord avec le terme et de l&rsquo;autre, avec ceux qui se prétendent l&rsquo;être. Mais je ne pouvais pas en rester là. Il y avait forcément autre chose, je ne me sentais pas rassasié par ces découvertes. Alors, comme tout bon linguiste (et je réalise que c&rsquo;est peut-être un facteur de plus à mon intolérance, je suis linguiste…) je m&rsquo;en allais explorer l&rsquo;étymologie du mot. D&rsquo;où vient-il ? Et pourquoi est-il apparu en premier lieu ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dictionnaire de l&rsquo;Académie française : Du grec ancien <em>therapeutês</em>, <strong>« serviteur, qui prend soin de, serviteur ou adorateur d&rsquo;un dieu »</strong> et <strong>« qui prend soin des malades, médecin »</strong>, lui-même dérivé de <em>therapeuein</em>, <strong>« servir, être serviteur »</strong> et <strong>« soigner les malades »</strong>.<br>Bien entendu, on y retrouve le principe de soigner les malades et le fait d&rsquo;être médecin. Mais, et c&rsquo;est ce que j&rsquo;étais venu chercher, on apprend aussi les autres fonctions englobées dans le terme, celles qui précisément sont tombées en désuétude. Celles qui en réalité avaient un sens pour moi et dont la disparition dans le collectif contemporain faisait monter en moi cette colère à l&rsquo;encontre de ceux qui employaient et même emploient toujours aujourd&rsquo;hui ce terme sans cette <strong>conscience de service, ou de Service</strong>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-livre-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-1497" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-livre-1024x538.jpg 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-livre-300x158.jpg 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-livre-768x403.jpg 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-livre.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 600px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Qui prend soin de. Serviteur. Un peu comme si le thérapeute était en réalité <strong>celui qui se met au service</strong> de quelqu&rsquo;un <strong>dans le but d&rsquo;en prendre soin</strong>. Et là, ça change tout. Parce que prendre soin de quelqu&rsquo;un, ça n&rsquo;a rien à voir avec le simple fait de le soigner. Prendre soin de quelqu&rsquo;un ce n&rsquo;est pas uniquement tenter de réparer les troubles ou dysfonctionnements du corps. Il le fait très bien tout seul, d&rsquo;ailleurs, le corps. Prendre soin de quelqu&rsquo;un c&rsquo;est avant tout s&rsquo;intéresser à la personne dans sa <strong>globalité d&rsquo;être</strong>, en se mettant à son service, au service de ses besoins fondamentaux.<br>Ca, ça me parlait. Et ça me parle toujours aujourd&rsquo;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement, je ne voulais toujours pas être associé à un terme amputé, un terme dont très peu de gens aujourd&rsquo;hui connaissent l&rsquo;étymologie. Et de plus, un terme employé <strong>comme un titre protégé alors qu&rsquo;il ne l&rsquo;est pas</strong>, ce qui fait que littéralement <strong>n&rsquo;importe qui peut se prétendre thérapeute et faire des thérapies.</strong> Ce qui ne me dérange absolument pas en soi. C&rsquo;est simplement que ça ne résonne pas du tout avec qui je <em>suis</em> et donc avec ce que je <em>fais</em>.<sup data-fn="adeb07d6-4200-470b-9835-f408dd06cc60" class="fn"><a id="adeb07d6-4200-470b-9835-f408dd06cc60-link" href="#adeb07d6-4200-470b-9835-f408dd06cc60">1</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Compagnon</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, une fois réconcilié avec le terme mais pas encore enclin à l&rsquo;utiliser en l&rsquo;état actuel, il m&rsquo;a bien fallu me poser cette question assassine :<br><em>« Qu&rsquo;est-ce que je suis, alors ? »</em><br><em>Comment me définir ? Ai-je réellement besoin de me définir ? Comment définir mon activité ? Qu&rsquo;est-ce que je fais, en fait ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Etrangement, la réponse est venue d&rsquo;elle-même. Comme si tout-à-coup, le simple fait de la poser avait fait apparaître un fil lumineux qu&rsquo;il me suffisait de suivre pour trouver la sortie de ce labyrinthe mental. C&rsquo;était évident, moi, j&rsquo;étais un <strong>accompagnateur</strong>. Un peu comme ces accompagnateurs de voyages scolaires. Ceux qui s&rsquo;occupent un peu de logistique, un peu d&rsquo;intendance, un peu du cadre, mais qui profitent quand même aussi du voyage. Accompagner les personnes qui en font la demande sur une partie un peu ardue de leur propre chemin, une partie où elles ont besoin d&rsquo;être un peu soulagées de leurs bagages pour se concentrer sur leur cheminement, c&rsquo;est cela que je fais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors j&rsquo;ai commencé à suivre ce fil. Accompagnateur ? Ce n&rsquo;était pas précisément comme ça que je voulais me définir. C&rsquo;était un bon début, mais encore un peu étriqué. Pas assez précis, trop vague pour qui j&rsquo;espérais être. Alors le linguiste a une fois de plus pris le relais : « plus précis ? Commence peut-être par les mots de même racine ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Compagnon</strong>. Ca me plaisait déjà plus. Parce qu&rsquo;au-delà du simple accompagnateur, le compagnon c&rsquo;est à l&rsquo;origine <strong>celui avec qui on partage le pain</strong>. Et tout s&rsquo;est éclairé. Parce qu&rsquo;évidemment, il est facile de partager le pain quand on en a en abondance, mais le compagnon valable lui, le partage surtout quand on en manque. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à ça qu&rsquo;on reconnait un compagnon, oui ? Dans l&rsquo;adversité. C&rsquo;est celui qui est toujours là, celui sur qui on est sûr de pouvoir compter. Et c&rsquo;est ça qui résonnait dans mon cœur. Celui sur qui on peut toujours compter et qui va tout faire pour faciliter l&rsquo;épreuve commune. Sans parler de la vivre lui aussi avec nous, <strong>le compagnon fluidifie les choses, simplifie par sa simple présence et nous donne une autre façon de porter notre regard sur ce qui nous fait peur ou nous paraît insurmontable.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce pain qu&rsquo;il partage, c&rsquo;est avant tout sa présence. C&rsquo;est son savoir-faire des fois, ou sa bienveillance occasionnellement. C&rsquo;est sa façon de porter son regard sur nous, de s&rsquo;adresser à nous, sa confiance en nous qui fait souvent renaître notre confiance en nous-mêmes. C&rsquo;est sa manière à lui de prendre soin de nous. J&rsquo;étais arrivé bien loin du thérapeute du départ, mais j&rsquo;étais beaucoup plus à l&rsquo;aise à l&rsquo;endroit où mes investigations m&rsquo;avaient mené.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cela que j&rsquo;étais. <strong>Un facilitateur</strong>. Pas un sachant qui dicte la façon de faire à autrui, en donnant des recettes toutes faites à appliquer face à telle ou telle situation. Nous savons tous que cette méthode a ses limites. Sans ça, nous aurions un système de santé qui fonctionne et qui soigne tout et tout le monde.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-services_soins-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-1498" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-services_soins-1024x538.jpg 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-services_soins-300x158.jpg 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-services_soins-768x403.jpg 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2026/01/Therapeute-services_soins.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 600px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Un facilitateur, un compagnon qui va prendre grand soin avant tout d&rsquo;<strong>établir un espace-temps</strong>, un lieu en dehors du monde en un moment en dehors du temps. Un sanctuaire à l&rsquo;intérieur duquel on peut se sentir réellement en sécurité, condition indispensable à la mise en œuvre du processus d&rsquo;auto-guérison. Un endroit où l&rsquo;on peut déposer armes et armure et se lancer à la recherche de qui on <em>est</em> vraiment, profondément, sans peur du jugement, de la bienséance et du conformisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un endroit où l&rsquo;on va pouvoir commencer à apporter des éléments de réponse à toutes ces questions auxquelles on évite bien souvent de répondre. Souvent par peur. Alors <strong>il nous faut nous les poser en un lieu et un temps où la peur n&rsquo;existe plus.</strong><br>C&rsquo;est ce genre de pain-là que je veux partager. C&rsquo;est ce genre de thérapeute que j&rsquo;ai envie d&rsquo;<em>être</em>. Avec des mots, certes, mais aussi avec les mains et surtout avec le cœur.</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="adeb07d6-4200-470b-9835-f408dd06cc60">Voir <a href="https://tisserand-de-lumiere.fr/2025/11/24/etre-faire-avoir/">Les Trois Verbes</a>. <a href="#adeb07d6-4200-470b-9835-f408dd06cc60-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://tisserand-de-lumiere.fr/2026/01/28/etymologie-du-mot-therapeute/">Thérapeute ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://tisserand-de-lumiere.fr">Tisserand de lumière</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les Trois Verbes</title>
		<link>https://tisserand-de-lumiere.fr/2025/11/24/etre-faire-avoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime Gayraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2025 14:43:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.tisserand.lombard.ovh/?p=249</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au sein d'une même vie coexistent trois verbes. Trois verbes qui peuvent être apparentés à la quintessence de la vie d'un être humain aujourd'hui, à sa simplification extrême. Il s'agit des verbes être, faire et avoir. C'est à travers ces verbes que nous conditionnons nos vies, que nous construisons dans le présent ce qui va déterminer notre futur.</p>
<p>L’article <a href="https://tisserand-de-lumiere.fr/2025/11/24/etre-faire-avoir/">Les Trois Verbes</a> est apparu en premier sur <a href="https://tisserand-de-lumiere.fr">Tisserand de lumière</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Au sein d&rsquo;une même vie coexistent trois verbes. Trois verbes qui peuvent être apparentés à la quintessence de la vie d&rsquo;un être humain aujourd&rsquo;hui, à sa simplification extrême. Il s&rsquo;agit des verbes <strong>être, faire</strong> et <strong>avoir.</strong> C&rsquo;est à travers ces verbes que nous conditionnons nos vies, que nous construisons dans le présent ce qui va déterminer notre futur.<br>Malgré tout ce qui nous est enseigné en Occident, il est urgent de replacer ces verbes dans cet ordre précis dans une vie, tout autre interprétation, même si elle amène son lot d&rsquo;expérience, étant vouée à l&rsquo;échec.<br>A l&rsquo;échec spirituel en tout cas. Parce qu&rsquo;évidemment, tout au long de ces quelques lignes, il ne sera question que de vie spirituelle. Même si à nos yeux, l&rsquo;association des termes <em>vie</em> et <em>spirituel</em> constitue un pléonasme flagrant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, toute vie est <em>de facto</em> spirituelle, chaque corps étant <em>habité</em> par une âme propre. Et que l&rsquo;on ne soit pas d&rsquo;accord avec ce simple principe importe peu, étant donné que notre avis n&rsquo;a absolument aucune incidence sur ce fait.<br>Ne pas croire en quelque chose revenant simplement à refuser son existence dans la nôtre, ou plus précisément dans notre sphère de conscience. Sans bien sûr pouvoir empêcher réellement son existence.<br>Mais ceci étant un tout autre sujet, il sera certainement abordé dans un autre essai.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/La-nature-de-ce-que-je-cherche-a-avoir-importe-peu-1024x538.webp" alt="La nature de ce que je cherche à avoir importe peu" class="wp-image-1421" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/La-nature-de-ce-que-je-cherche-a-avoir-importe-peu-1024x538.webp 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/La-nature-de-ce-que-je-cherche-a-avoir-importe-peu-300x158.webp 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/La-nature-de-ce-que-je-cherche-a-avoir-importe-peu-768x403.webp 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/La-nature-de-ce-que-je-cherche-a-avoir-importe-peu.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Avoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois verbes, donc. Et un ordre précis.<br>C&rsquo;est de qui je suis que découle ce que je fais. Et c&rsquo;est ce que je fais qui engendre ce que j&rsquo;ai.<br>Mais essayons de modifier cet ordre pour voir où cela pourrait nous mener. Admettons que je choisisse un travail (<em>faire</em>) par rapport à ce qu&rsquo;il m&rsquo;apporte (<em>avoir</em>). On est dans le cas où on va placer <em>avoir</em> en tête de liste.<br>La nature de ce que je cherche à avoir importe peu. Ca peut bien évidemment être de l&rsquo;argent, de gros moyens financiers, mais ça peut tout autant être du temps libre par exemple. Ou de la reconnaissance. Ou tout autre chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginons que j&rsquo;aie la possibilité, les capacités de devenir enseignant mais que je choisisse de le devenir pour des raisons comme la stabilité de l&#8217;emploi, un revenu assuré et beaucoup plus de vacances que la plupart des autres emplois.<br>Pourquoi pas ? Ce sont des raisons tout-à-fait honorables à notre époque. Ce serait même un choix <em>raisonnable</em> au sens propre.<br>Un choix très réfléchi pour lequel j&rsquo;aurais bien évidemment pesé le pour et le contre en deux colonnes bien définies et surtout bien séparées. Un choix très mental au bout du compte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un choix qui n&rsquo;a rien à voir avec le métier d&rsquo;enseignant en lui-même. Pas question ici de transmission, d&rsquo;accompagnement des enfants vers un peu plus d&rsquo;autonomie ou encore de sentiment d&rsquo;utilité envers la progression de l&rsquo;humanité.<br>J&rsquo;exagère un peu, volontairement. Donc que se passe-t-il dans ma vie lorsque je fais un tel choix ? Et bien je deviens ce professeur qu&rsquo;on a tous eu à un moment ou à un autre. Celui qui est absent, même quand il est là.<br>Celui qui récite une leçon et dont ce n&rsquo;est absolument pas le problème de savoir si oui ou non elle a été reçue, entendue, comprise par les élèves. Qui ne sont pas <em>ses</em> élèves, remarquez. Non, ce sont <em>des</em> élèves.<br>Des élèves comme il va en voir beaucoup tout au long de sa carrière et dont il ne gardera pas forcément de souvenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je deviens le professeur qui compte les jours jusqu&rsquo;aux prochaines vacances, qui comptent les cours jusqu&rsquo;à la fin de la journée, qui ne vit que dans le futur, ou plus précisément dans l&rsquo;attente d&rsquo;un futur qu&rsquo;il s&rsquo;imagine dans son présent. Mais qui ne le construit pas. Tout simplement parce que le présent l&rsquo;ennuie. Et il passe. Et sa vie passe. Et sa vie est passée. Devant lui. Alors certes, il a pu acheter une maison à crédit, partir en vacances, créer des souvenirs heureux lors de ses moments de <em>liberté</em> mais bien justement, s&rsquo;il a eu des moments de liberté, il en a aussi eu de captivité. Je deviens <strong>l&rsquo;homme qui a accepté la captivité contre un peu de liberté programmée.</strong><br>Et c&rsquo;est précisément ce qui arrive lorsqu&rsquo;on fait passer <em>avoir</em> en premier. <em>Avoir</em> va décider de <em>faire</em> et <em>être</em> s&rsquo;efface, est littéralement amputé par les sacrifices exigés par <em>avoir</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut bien entendu déplacer cet exemple dans n&rsquo;importe quelle autre situation où c&rsquo;est <em>avoir</em> qui est mis en avant, en retombant exactement sur les mêmes conclusions. Si je veux une grosse voiture qui coûte très cher, il va me falloir un travail qui me permette de gagner beaucoup d&rsquo;argent. Ce qui va impliquer d&rsquo;autres sacrifices, mais des sacrifices quand même. Et c&rsquo;est <em>être</em>, encore une fois en dernière position, qui va payer les pots cassés.<br>Parce qu&rsquo;une fois que j&rsquo;aurais travaillé dur pour avoir cette grosse voiture qui coûte cher, et que je l&rsquo;ai, je suis qui ? <strong>Celui qui a travaillé dur pour avoir une grosse voiture qui coûte cher.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et je m&rsquo;attends bien sûr à ce que tout le monde m&rsquo;applaudisse des deux mains. Parce que j&rsquo;ai réussi à avoir cette grosse voiture qui coûte cher. Mais les gens qui vont m&rsquo;applaudir, ils ne vont pas forcément m&rsquo;applaudir pour le restant de ma vie parce que j&rsquo;ai réussi à m&rsquo;acheter une grosse voiture qui coûte cher une fois, si ? Non, bien sûr que non. Vous imaginez facilement la suite. Je cherche un autre objectif, puis un autre, puis encore un autre…<br>Et un beau jour, possiblement, il y aura un objectif que je n&rsquo;arriverai pas à atteindre. Et là je vais échouer. Et là non seulement il n&rsquo;y aura personne pour m&rsquo;applaudir mais il est grandement envisageable qu&rsquo;il n&rsquo;y ait personne non plus pour quoi que ce soit. Et cela risque d&rsquo;être très difficile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceci-dit, je pourrais aussi bien réussir tous mes objectifs toute ma vie et devenir <strong>celui qui a vécu pour réussir à atteindre ses objectifs.</strong> Pendant sa vie active. Et qui un jour sera trop vieux pour travailler. Et perdra littéralement sa raison d&rsquo;être…<br>Celui que l&rsquo;on a aussi tous connu qui flétrit, se fane et s&rsquo;éteint très rapidement après la retraite. Parce qu&rsquo;il n&rsquo;a plus de raison d&rsquo;être. Alors il finit par ne plus être, et disparaître.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/Alors-il-finit-par-ne-plus-etre-et-disparaitre-1024x538.webp" alt="Alors il finit par ne plus être, et disparaître." class="wp-image-1414" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/Alors-il-finit-par-ne-plus-etre-et-disparaitre-1024x538.webp 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/Alors-il-finit-par-ne-plus-etre-et-disparaitre-300x158.webp 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/Alors-il-finit-par-ne-plus-etre-et-disparaitre-768x403.webp 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/Alors-il-finit-par-ne-plus-etre-et-disparaitre.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Faire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Essayons maintenant d&rsquo;examiner le cas où c&rsquo;est<em> faire</em> qui est mis en avant. C&rsquo;est un cas un peu plus complexe à percevoir que le précédent car on a du mal à s&rsquo;imaginer<em> faire</em> sans <em>vouloir avoir</em>, mais tout autant parlant.<br>Essayons d&rsquo;imaginer que je connaisse mon <em>être</em> et que je me sois appliqué, consciemment ou non, à suivre mon instinct, mon intuition, mon cœur en bref, à <strong>devenir ce que je suis au fond de moi.</strong> Admettons par exemple que je sois devenu ébéniste. Mais que je le sois devenu par amour du bois, de ses nuances entre les différents parfums des essences, entre les différents grains, par amour de l&rsquo;assemblage de ceux-ci, de la rigueur et de la précision que cela demande dans le travail, par amour de la création en quelque sorte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aurais suivi un apprentissage auprès de plusieurs artisans de la même veine, dégrossi et peaufiné mes talents et compétences jusqu&rsquo;à les accorder avec ma sensibilité profonde de cette discipline.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais imaginons qu&rsquo;au moment de voler de mes propres ailes, de mettre mon talent et mon expertise au service de l&rsquo;art de l&rsquo;ébénisterie je ne trouve pas, pour des raisons quelconques, d&#8217;employeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me retrouve face à un croisement dans ma vie, et je dois faire un choix. Le choix du cœur d&rsquo;un côté, celui qui me presse de continuer à<em> faire</em> selon qui je suis, contre vents et marées, le<strong> choix difficile et inconfortable</strong> qui me pousse à continuer sans employeur ni carnet de commande, sans savoir si mon travail va payer ou sera reconnu (le choix de l&rsquo;artiste en quelque sorte) ; ou le choix de la raison, celui du mental, celui peut-être aussi de mon entourage qui presse avec ses « mais tu n&rsquo;as quand même pas fait tout ça pour rien ? » ou ses « il va bien falloir que tu fasses quelque chose maintenant ! » jusqu&rsquo;à cette fameuse conversation qui va changer ma vie :</p>



<p class="wp-block-paragraph">-Tu as vu qu&rsquo;ils cherchaient un menusier dans le village voisin ?<br>-Mais moi je suis ébéniste…<br>-Oui, mais tu pourrais peut-être prendre ce travail en attendant de trouver mieux, non ? <strong>Plutôt que de perdre ton temps à ne rien faire.</strong><br>Et c&rsquo;est vrai que je perds mon temps, que je me morfonds dans l&rsquo;oisiveté. Alors pourquoi pas ? Menuisier c&rsquo;est pas si loin d&rsquo;ébéniste. Et puis ce serait simplement pour un temps…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors je deviens menuisier. Parce qu&rsquo;il faut <em>faire </em>quelque chose. Une année. Puis deux. Puis je rencontre quelqu&rsquo;un. Nous fondons une famille. Achetons une maison… et l&rsquo;ébénisterie n&rsquo;est plus qu&rsquo;un songe. Un songe lointain qui me ronge. De plus en plus chaque jour. Lorsque je vais poser des fenêtres alors que je rêve d&rsquo;un échiquier en quatre essences différentes avec un travail de marquetterie de premier ordre…<br>Et je finis par m&rsquo;éteindre. Je sombre dans la dépression alors que tout le monde me voit pourtant comme quelqu&rsquo;un qui a réussi. Et à la dépression, il n&rsquo;y a que deux portes de sortie. La Grande Porte, celle où j&rsquo;accepte de m&rsquo;être trompé et où je décide de reprendre mon chemin d&rsquo;<em>être</em> où je l&rsquo;ai laissé, avec toutes les déflagrations que cela engendre ; et la Porte de l&rsquo;Infirmerie, celle où je m&rsquo;entête jusqu&rsquo;à me rendre malade physiquement, jusqu&rsquo;à en mourir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, je savais qui j&rsquo;étais… il suffisait que je continue à <em>être</em>. Que je continue à être ébéniste. Que je continue de faire les choses qui viennent de mon cœur. Ce que j&rsquo;aurais fait aurait fini par toucher quelqu&rsquo;un, et <em>avoir</em> aurait découlé de <em>faire</em>, qui lui-même aurait découlé d&rsquo;<em>être</em>. Mais non. Je me suis laissé berner par une vision qui n&rsquo;était pas la mienne au départ, mais qui a fini par le devenir.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/lhomme-qui-a-accepte-la-captivite-contre-un-peu-de-liberte-programmee-1024x538.webp" alt="l’homme qui a accepté la captivité contre un peu de liberté programmée." class="wp-image-1417" srcset="https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/lhomme-qui-a-accepte-la-captivite-contre-un-peu-de-liberte-programmee-1024x538.webp 1024w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/lhomme-qui-a-accepte-la-captivite-contre-un-peu-de-liberte-programmee-300x158.webp 300w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/lhomme-qui-a-accepte-la-captivite-contre-un-peu-de-liberte-programmee-768x403.webp 768w, https://tisserand-de-lumiere.fr/wp-content/uploads/2025/09/lhomme-qui-a-accepte-la-captivite-contre-un-peu-de-liberte-programmee.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Se déplacer dans le présent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis profondément convaincu qu<strong>&lsquo;il ne faut pas avoir pour être</strong>. Même si bien entendu mon avis n&rsquo;engage que moi. Quoique, le sujet n&rsquo;était déjà pas nouveau à l&rsquo;époque où<strong> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Erich_Fromm">Erich Fromm</a></strong> publiait <em><strong>Avoir ou être</strong> </em>en 1976, sous-titré en Français <strong>: <em>un choix dont dépend l&rsquo;avenir de l&rsquo;homme</em></strong><em>.</em><sup data-fn="5d135f5e-6523-4512-bbee-f4f87a6999c9" class="fn"><a id="5d135f5e-6523-4512-bbee-f4f87a6999c9-link" href="#5d135f5e-6523-4512-bbee-f4f87a6999c9">1</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Posséder une chose, s&rsquo;en rendre <em>maître</em>, qu&rsquo;elle soit matérielle ou immatérielle, répondra certainement à un besoin de stabilité, de sécurité qui semble être primordial de nos jours. Possiblement à juste titre. C&rsquo;est un mécanisme qui va souvent être mis en place pour éloigner la peur, l&rsquo;angoisse, l&rsquo;inconfort, mais qui risque aussi de <strong>continuer à provoquer ce genre d&rsquo;émotions</strong>. Tout simplement parce que c&rsquo;est son fonds de commerce, parce que son existence est dépendante de ces émotions. C&rsquo;est un mécanisme qui se <em>nourrit</em> de ces émotions, mais qui ne les empêche pas, loin de là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien souvent, en croyant effacer la <strong>peur du manque</strong> par accumulation, nous entretenons nous-même cette peur. Pour <em>avoir confiance</em> en l&rsquo;avenir, nous accumulons dans le présent. C&rsquo;est parce que nous <em>avons peur</em> dans le présent que nous voulons <em>avoir confiance</em> dans l&rsquo;avenir. Alors que si nous <em>sommes confiants</em> dans l&rsquo;avenir, la peur disparaît de notre présent et ce que nous <em>faisons</em> n&rsquo;est plus conditionné par elle. Ce que nous faisons découle tout simplement de ce qui est cohérent pour nous, pour notre état d&rsquo;être. L&rsquo;avenir qui se profile alors a tout de même de grandes chances d&rsquo;être en accord, ou plutôt d&rsquo;être la <strong>continuité de ce que nous faisons dans le présent</strong>. Tout comme l&rsquo;avenir basé sur un présent dicté par la peur, la frustration ou l&rsquo;inconfort risque bel et bien de contenir les mêmes problématiques. Parce qu&rsquo;au bout du compte, nous ne faisons que nous déplacer dans le présent…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà, je vous souhaite à tous d<em>&lsquo;être</em> qui vous avez envie d<em>&lsquo;être.</em> Le reste importe peu vu qu&rsquo;il découlera automatiquement de votre <strong>qualité d&rsquo;être.</strong></p>



<figure class="wp-block-pullquote has-text-align-left" style="padding-top:0;padding-bottom:0"><blockquote><p>L&rsquo;homme vraiment libre ne veut que ce qu&rsquo;il peut, et fait ce qui lui plaît.</p><cite>Jean-Jacques Rousseau.</cite></blockquote></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="5d135f5e-6523-4512-bbee-f4f87a6999c9">Un merci tout particulier à Eric Dudoit avec qui nous avons pu aborder le sujet de vive voix, qui m&rsquo;a orienté vers Fromm et rappelé la différence entre l&rsquo;instant présent et le fait de se déplacer dans le présent. <a href="#5d135f5e-6523-4512-bbee-f4f87a6999c9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Ma Profession de Foi</title>
		<link>https://tisserand-de-lumiere.fr/2025/08/30/ma-profession-de-foi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime Gayraud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 13:22:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.tisserand.lombard.ovh/?p=253</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les lignes qui vont suivre sont le fruit d'un exercice proposé à chaque étudiant en Thérapies Esséniennes et Egyptiennes, au moment de la dernière session de formation, qui se trouve être en fait la session d'examens. C'est en quelque sorte le bilan que chacun fait en fin de formation, avant d'être (ou pas) certifié, en revenant sur les moments marquants de ces quatre années d'apprentissage.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les lignes qui vont suivre sont le fruit d&rsquo;un exercice proposé à chaque étudiant en Thérapies Esséniennes et Egyptiennes, au moment de la dernière session de formation, qui se trouve être en fait la session d&rsquo;examens. C&rsquo;est en quelque sorte le bilan que chacun fait en fin de formation, avant d&rsquo;être (ou pas) certifié, en revenant sur les moments marquants de ces quatre années d&rsquo;apprentissage.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>D&rsquo;où je viens ? Par où je suis passé ? Comment j&rsquo;aperçois la suite ? Comment je vais faire vivre cet enseignement ? Etc&#8230;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un exercice très personnel donc, et il n&rsquo;est aucunement demandé de le partager. Pour moi, cela a surtout été, en plus d&rsquo;une longue introspection, une sorte d&rsquo;accouchement de moi-même. Ces lignes, je les ai écrites plus sous la dictée que par construction littéraire. Elles m&rsquo;ont plus traversé que ce que je ne les ai produites. C&rsquo;est pour cela que je parle d&rsquo;accouchement. Elles ont été plantées en moi, se sont développées, mais ne m&rsquo;ont habité que temporairement. Même si elles sont de moi, et que je peux en revendiquer la paternité, elles ne sont pas à moi. Elles sont à la Vie. Pour la Vie. Par la Vie. Et c&rsquo;est pour cette raison en particulier que j&rsquo;ai été pris d&rsquo;un élan de les partager. D&rsquo;abord avec mes condisciples après notre certification, puis dans cet espace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je les ai laissées « en l&rsquo;état » sans jamais rien retoucher, même si j&rsquo;en ai eu souvent envie. Changer une tournure, une ponctuation… C&rsquo;est un texte que j&rsquo;ai lu à voix haute, avec difficulté, et sa ponctuation c&rsquo;était surtout mes sanglots et les tremblements dans ma voix, les moments où j&rsquo;ai dû me recomposer, faire une pause, respirer pendant quelques cycles dans le silence. Je crois que c&rsquo;est un texte fait pour être entendu plus que lu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes le Lundi de Pâques 2025, mes condisciples sont assis devant moi à même le sol, je me tiens debout, une feuille tremblante à la main, je prends une grande inspiration, et je me jette dans le Vide :</p>



<h2 class="wp-block-heading">Voici quelques lignes. Essayez d&rsquo;y prêter attention car elles parlent aussi de vous.</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:19px">Alors que je tentais de résumer ici les trois ou quatre dernières années de ma vie, une chose m&rsquo;est apparue. Franche. Nette. Claire et limpide : c&rsquo;est le petit garçon qui avait raison. C&rsquo;est le petit garçon que j&rsquo;étais ; celui qui aimait sans s&rsquo;en rendre compte, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait aucune autre réalité d&rsquo;être, celui qui pardonnait aux autres dans l&rsquo;instant, ce tout petit bout de minerai d&rsquo;amour brut oui, c&rsquo;est lui qui avait raison. Il était imparfait parce que souvent trop naïf ou maladroit, certes, mais il était juste. Ce n&rsquo;est que quand est venu le moment de la Forge qu&rsquo;est la vie qu&rsquo;il a commencé à se tromper de destination, qu&rsquo;il a commencé à manquer la cible. Du Feu de la Fonderie nécessaire à sa purification, il n&rsquo;a retenu que la douleur. Il n&rsquo;a pas su apercevoir la nécessité de l&rsquo;épreuve du Feu. Celle qui allait détacher les impuretés, les imperfections du minerai pour n&rsquo;en garder que la substantielle moëlle : l&rsquo;Amour Pur et Vrai. Et dans la cécité de sa conscience, il s&rsquo;est accroché à ses défauts, incandescents, sans comprendre qu&rsquo;il ne faisait qu&rsquo;accentuer la morsure du Feu. En intensité. Et dans le temps. Alors il en a voulu à tout et à tous. Et de ce minerai porteur d&rsquo;une promesse d&rsquo;Amour Vrai, il n&rsquo;y avait plus qu&rsquo;une masse de douleur en fusion.<br>Mais la Forge des Âmes brûle d&rsquo;un feu inextinguible. Et le Forgeron n&rsquo;est pas de ceux qui abandonnent leur travail en le jetant au rebut. Non. Le Forgeron aime le travail fini et bien fini. Alors il est patient avec le minerai. Parce que Lui, il sait. Il a déjà prévu de grandes choses pour son minerai. Peut-être l&rsquo;a-t-il lui-même sélectionné pour les projets qu&rsquo;il a en tête. Alors le Forgeron va mettre tout son Amour et tout son Savoir-Faire, il va mettre tout son Cœur à l&rsquo;ouvrage et forger ce Trésor de la Vie. Alors il remet le minerai au Feu. Encore. Et encore. Et à chaque fois, certes de manière imperceptible les premières fois, quelques impuretés se détachent, quelques défauts se consument. Et le petit garçon devenu depuis un adulte perdu dans les méandres du mental, commence à refaire surface. Il tend la main vers son adulte et tendrement, naïvement et tout de même un peu gauchement entreprend de le rassurer. Et simplement, il devient le guide de cet homme qu&rsquo;il est devenu.<br>Son guide à travers le Feu de la Forge des Âmes. Car aujourd&rsquo;hui, ce petit garçon sait. Il sait la nécessité de ce que l&rsquo;adulte voit encore comme de la souffrance. Alors c&rsquo;est lui qui ouvre la voie. Et chemin faisant, l&rsquo;adulte à son tour finit par discerner la Destination. Alors il n&rsquo;y a plus de guide, plus de suivant, mais deux compagnons qui avancent côte-à-côte, plus sûrs de leur pas mais surtout plus sûrs maintenant de pouvoir compter l&rsquo;un sur l&rsquo;autre.<br>Parce qu&rsquo;après la Fonderie et le Raffinage, viendront à nouveau le Feu, le Marteau et l&rsquo;Enclume, puis la Trempe. Et à nouveau le Feu, le Marteau et l&rsquo;Enclume, et la Trempe. Jusqu&rsquo;à la Perfection.<br>Alors oui, ils savent tous les deux qu&rsquo;il y aura d&rsquo;autres épreuves, mais qu&rsquo;il ne tiendra qu&rsquo;à eux de ne pas perdre la Destination de vue. Et à chaque tournant, à chaque côte, à chaque pente leur Foi en le Forgeron grandit. Car s&rsquo;il y a bien une chose dont ils sont persuadés, c&rsquo;est l&rsquo;Amour du Forgeron pour son Travail. Il sera fait. Et il sera bien fait.<br>Mais en attendant, notre duo improbable aura déjà tracé et défriché sa partie du chemin. Le rendant peut-être un peu moins pénible pour les suivants, un peu plus évident, dans tous les sens du terme, pour ceux qui le chercheront.<br>Et pourquoi pas ? Pour tous ceux qui en font la demande, les accompagner sur un morceau du chemin ? Il suffirait que leurs chemins se croisent, se séparent, se tissent. Eclairant à la lueur de leur faible lampe les recoins obscurs qu&rsquo;on y trouve parfois. Partageant le combustible sans compter avec qui aura fabriqué sa lampe. Participant à éclairer un pas après l&rsquo;autre leur chemin, d&rsquo;autres chemins… Participant peut-être aussi à ériger des phares dans la nuit, comme des jalons sûrs, des étapes où reprendre des forces. Qui sait ? Les bonnes idées ne manquent pas d&rsquo;affluer quand on chemine. Alors cheminons. Seul si on le doit. Ensemble lorsqu&rsquo;on le veut. Le combustible est inépuisable. Tout ce qui n&rsquo;est pas donné est perdu.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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