Si vous êtes un lecteur assidu des articles de ce site (oui, j’aime me raconter des histoires), vous aurez certainement remarqué que j’y fais quelques fois allusion à l’intention et à la volonté, et surtout à la différence entre les deux. Alors je me suis dit qu’il serait peut-être de bon ton de consacrer un moment à ces deux concepts, de manière à les aborder un peu plus en détails.
La Volonté
Définition
Commençons simplement par la définition de la volonté, telle que nous pouvons la trouver dans le dictionnaire.
Le Robert :
Ce que veut quelqu’un et qui tend à se manifester par une décision effective conforme à une intention.
Plusieurs choses intéressantes ici. Si on y regarde de près, on nous parle de décision effective, de conformité, de vouloir bien sûr et de tendre à se manifester. Gardons ceci à l’esprit, nous y reviendrons bientôt.
Larousse :
Faculté de déterminer librement ses actes en fonction de motifs rationnels ; pouvoir de faire ou de ne pas faire quelque chose.
Ici, c’est relativement clair. Faculté c’est-à-dire capacité, possibilité de déterminer librement ses actes donc faire des choix, en fonction de motifs rationnels c’est-à-dire d’après une observation, un raisonnement, une réflexion en réponse à une situation donnée.
La définition du Robert quant à elle est moins limpide, mais tout autant intéressante. La volonté, c’est ce que veut quelqu’un (volonté, vouloir, ça fonctionne) et qui va tendre à se manifester c’est-à-dire qui va se manifester, prendre forme, vie, avoir des répercussions, mais petit à petit. On imagine possiblement qui va se manifester par étapes, par une décision effective. C’est-à-dire ici aussi, à travers une prise de décision, donc après avoir analysé une situation, mais conformément, en accord, avec une intention. Et c’est là que c’est flou. On comprend tout de suite que la volonté et l’intention sont deux choses différentes, mais liées. Par contre c’est le lien qui apparaît flou. Dans cette phrase, il semblerait que la volonté soit une manière (un processus) de rendre possible (réel) quelque chose que l’on veut (que l’on souhaite) mais tout en étant dirigé par une intention. Comme si l’intention venait AVANT la volonté dans la chronologie du processus de réalisation.
Il apparaît plutôt rapidement que la volonté est issue du domaine du mental. Et ceci est facilement illustrable. Lorsqu’on entend dire, par exemple, qu’une personne à la volonté de fer possède plus précisément un mental d’acier ?

Place de la Volonté dans l’Anatomie Subtile
Avant de parler de la place de la volonté dans l’anatomie subtile, c’est-à-dire de son siège, il nous faut rapidement aborder le sujet même de l’anatomie subtile. Sujet que je ne ferai qu’effleurer dans ces lignes, pour des besoins simples de compréhension, mais qu’il est possible de retrouver chez bien des auteurs et dans bien des traditions.1
Anatomie Subtile
Pour approcher le principe d’anatomie subtile, il est grandement conseillé de se rapprocher en premier lieu du principe bouddhiste de réincarnation. Alors je dis bouddhiste mais ce principe se retrouve lui aussi dans d’autres traditions, d’autres religions éloignées des grands courants monothéistes actuels.
La réincarnation, et là je n’apprends rien à personne, c’est le principe de ne pas être un homme unique. Si chaque homme (je vais utiliser le terme homme au sens large, au sens d’être humain) est habité par une âme, là ou le Christianisme par exemple dira que chaque incarnation est unique, qu’à chaque homme correspond une âme unique, et que personne ne revient du sommeil avant la Résurrection et la Fin des Temps, le système de réincarnation propose que chaque âme peut posséder plusieurs hommes, plusieurs incarnations, comme des tenues ou des véhicules dont elle changerait une fois ceux-ci devenus inutiles (une fois leur utilité arrivée à son terme pour être plus précis). La réincarnation implique donc qu’une partie immatérielle de chaque homme voyage entre deux mondes, entre deux incarnations. Pourquoi ? Dans quel but ? Comment ? Combien de temps ? Vers où exactement ? Sont des questions qu’il est très intéressant de se poser lorsqu’on s’intéresse à la réincarnation mais qui provoqueraient certainement des centaines de pages de gloses et de digressions sans pour autant nous rapprocher de notre sujet de la différence entre l’intention et la volonté.
Cette partie immatérielle, ce principe essentiel de l’âme incarnée transporterait avec lui toutes les mémoires, tout le bagage de toutes ses incarnations et de fait, la raison profonde et primordiale de chaque incarnation. Car oui, il nous faut aussi admettre si nous parlons de réincarnation que chacune des incarnations de chaque être possède obligatoirement une direction et un sens. C’est la trame même de la réincarnation. La forge de l’âme à travers une multitude d’expériences qui ne peuvent pas toutes être réalisées en une seule incarnation, en une seule vie.
Il est dit que ce principe immatériel de l’âme, cette bibliothèque des vies se situe dans le ventricule gauche du cœur, vers sa pointe. C’est l‘Atome-Germe. Celui dont tout est issu et où tout revient. Le Cœur. En d’autres termes, bien avant la pensée, bien avant la conscience de soi à travers la pensée, il y a l’Etre. L’Existence. L’Existence qui n’a pas besoin qu’on lui explique pourquoi elle existe, ou comment. L’Existence qui se contente d’Etre. L’étincelle de vie primordiale qui initiera tous les feux de l’incarnation.

Siège de la Volonté
Juste après cet espace primordial, ce premier corps subtil que l’on appelle parfois Corps Causal ou Corps Karmique, l’englobant en son sein comme la première poupée russe qui se referme sur la poupée cœur, se trouve le Corps Mental. Le premier espace atteint par les informations lancées par l’Atome-Germe. Le premier espace dans lequel ces informations vont pouvoir prendre forme, vont pouvoir être pensées (aussi bien en tant qu’adjectif qu’en tant que nom). Mais c’est aussi à cet endroit que vont naître d’autres pensées, pas uniquement celles qui vont provenir du coeur.
C’est à cet instant précis que l’on peut commencer à discerner Intention et Volonté, en partie tout du moins.
En effet, toute chose née dans le mental, toute idée qui ne serait pas enracinée dans le Corps Causal (qui se développerait sans venir du Corps précédent) serait susceptible de ne pas avoir de cause réelle et profonde en rapport avec l’incarnation de l’âme mais semblerait plutôt être le fruit d’une mécanique répondant à des stimuli extérieurs à l’âme. Une espèce de phénomène d’adaptation au monde extérieur, de manière purement raisonnée et raisonnable, réfléchie, construite, cérébrale en quelque sorte.
Fonction de la Volonté
En soi, cela ne pose absolument aucun problème. C’est même un mécanisme tout-à-fait naturel de survie et d’évolution de l’espèce (car oui l’idée d’évolution de l’espèce n’est pas en contradiction avec l’idée de réincarnation, bien au contraire).
Un mécanisme d’adaptation à des contraintes extérieures, donc. Dormir à l’abri du danger, des intempéries, trouver un moyen de cultiver sa nourriture (ou de réunir de quoi troquer pour elle), etc… On pourrait donc facilement dire que tout ceci relève de la volonté pure, de différentes constructions mentales ou différents plans échafaudés dans le but de répondre à un besoin provoqué par le monde physique. Le Mental répond au Physique.

L’Intention
On peut donc commencer à apercevoir que la Volonté, dissociée de l’Intention, s’apparente bien souvent à un mécanisme de réaction. Et il est important de bien garder ce fonctionnement à l’esprit, d’en être conscient. Bien saisir la relation de cause à effet entre la volonté et le monde physique afin de ne pas faire l’amalgame entre Volonté et Intention.
En effet, la Volonté, malgré son nom, n’est pas exclusivement, forcément, synonyme de vouloir. C’est toujours lorsqu’on n’a pas réellement envie de faire quelque chose que l’on doit faire preuve de volonté pour le faire néanmoins. Il y a des matins où l’on n’a pas tellement envie de sortir du lit, pas tellement envie d’affronter une nouvelle journée, et si on le fait quand même, c’est uniquement au prix d’un effort de volonté. Et si on est un tantinet observateur, on peut facilement relever que le terme qui est opposé à la volonté dans les quelques lignes précédentes, c’est l’envie.
L’Envie, profonde, viscérale, celle qui nous prend par surprise, qui arrive de nulle part, sans aucune réflexion ou pensée qui aurait pu l’induire, sans réaction à un stimulus extérieur à notre être, celle-ci provient du Cœur. Du Cœur de notre être. Et est bien souvent déraisonnable d’ailleurs. C’est de ce genre d’envie qu’est issue l’Intention. Avoir l’Intention de suivre son Cœur est différent d’en avoir la Volonté. L’Intention, c’est l’impulsion, le ressort qui va mettre tout un tas de choses en mouvement. L’Intention c’est très bref, ponctuel, quasi instantané, et ça s’efface pour laisser la place au mouvement qui va suivre. Ou à l’échafaudage du plan qui va suivre afin que le mouvement arrive. L’Intention est primordiale (dans tous les sens du terme). Ensuite vient, ou ne vient pas, la Volonté. La Volonté c’est l’outil qui va faire que les choses se fassent. Des fois, on aura besoin de faire preuve de volonté pour pouvoir suivre ses envies. Des fois non. D’autres fois encore on sera capable d’utiliser la Volonté pour NE PAS suivre nos envies. Si celles-ci font peur, amènent de l’inconfort, nous enlèvent tout ou partie du contrôle que nous pensons avoir sur nos vies, etc…

Conclusion
On commence à comprendre qu’il y a une différence entre Intention et Volonté. Une différence aussi subtile qu’elle est profonde, néanmoins. Je discutais récemment avec une amie au téléphone et c’est elle qui en quelque sorte, m’a mis sur la voie de cet article grâce à la conversation que nous avons eue. Une conversation à propos, entre autres choses, des envies et des devoirs, de ce que l’on voudrait et de ce qui est juste pour nous, de l’importance du Timing et de la volonté de bien faire…
Et deux de ses remarques ont sonné comme des conclusions tellement justes, qu’elles étaient à la fois sans appel tout en nécessitant de remonter le fil du raisonnement jusqu’à la question. La première, à propos du Timing et de la Volonté de Faire m’avait déjà arraché un éclat de rire : « On ne fait pas grandir quelqu’un en lui tirant les cheveux. »
Et la deuxième, qui nous concerne plus aujourd’hui : « L’Intention vient du Cœur, la Volonté, du Mental. »
Et pas plus tard que le mois dernier, pendant ce weekend de transmission, j’essayais de faire sentir aux étudiants radiesthésistes cette différence profonde :
-Je ne veux pas trouver de l’eau. J’ai l’intention de faire de mon mieux pour en chercher. Il y a une différence entre dire où est-ce qu’il y a de l’eau ? Et est-ce qu’il y a de l’eau ?
Et tout le monde l’a saisie, cette différence. Lorsque j’utilise ma Volonté, je veux trouver de l’eau. Automatiquement, et bien souvent inconsciemment, je refuse la possibilité qu’il n’y en ait pas. Je ne suis pas assez disponible2, je n’accepte pas la totalité des réponses possibles à ma question. Ma recherche est biaisée, elle est devenue mentale, contrôlée en partie.
Lorsque j’utilise mon Intention par contre, je pose ma question, et je me rends disponible à toutes les réponses, sans plus rien avoir à l’esprit que le fait de me rendre disponible.

Si je devais encore essayer de faire une analogie, je dirais que l’Intention vient de l’Envie tandis que la Volonté vient du Besoin. Besoin, comme on l’a vu plus haut de survie ou d’évolution, mais aussi besoin de se prouver quelque chose, de réussite, etc…
Pour clore sur ce sujet et sur le parallèle avec l’Invisible, en ce qui nous concerne (je dis nous, les explorateurs de l’Invisible), la Volonté serait à mes yeux quelque chose à éviter autant que possible dans nos pratiques, quelles qu’elles soient. Vouloir un résultat n’a jamais été un bon point de départ. L’Envie d’aider ne doit pas non plus devenir une contrainte, un Besoin d’aider.
En espérant que ces lignes soient d’une utilité quelconque à quelqu’un, mais sans forcément Vouloir qu’elles le soient. Elles sont surtout le mouvement qui a suivi l’envie de poser tout ça sur le papier.
- S’il fallait nommer un ouvrage dans lequel l’anatomie subtile est décrite de manière suffisamment précise, ce serait pour moi sans doute Le Nouveau Grand Livre des Thérapies Esséniennes et Egyptiennes, de Daniel Meurois et Marie-Johanne Croteau.
↩︎ - Voir Ancrage : de l’enracinement vers l’élévation. ↩︎

